La majorité des proches aidants en charge d’un ainé en perte d’autonomie épuisent d’abord toutes leurs ressources avant d’envisager un hébergement. Certains sont même souvent prêts à accueillir la personne atteinte chez eux, même si cette alternative s’avère souvent peu réaliste lors d’une perte d’autonomie sévère.

Hébergement: place à la culpabilité.

Souvent, les proche aidants ressentent de la culpabilité, souvent décuplée, en relation avec une personne atteinte d’un trouble neurocognitif de type Alzheimer (TNC) dont ils ont la charge. Conséquemment à ce ressenti, la décision de demander un hébergement est un des moments les plus difficiles dans l’évolution de la maladie. En fait, certains proches aidants ont des réticences à briser la promesse qu’ils ont faite à leur proche de leur permettre de rester à la maison le plus longtemps possible. Aussi, ils craignent que les déficits cognitifs s’accentuent suite à un changement de milieu. Ils anticipent aussi anxieusement ses difficultés d’adaptation en résidence. Certains aidants craignent que la personne ne puisse pas oublier sa maison et en fasse une fixation. Ces craintes sont évidemment justifiées.

Cette culpabilité ressentie amène souvent les familles à retarder cette grande décision. Toutefois, comme il est souvent extrêmement stressant et bouleversant de faire cette démarche, vaut mieux éviter de l’initier en situation de crise.

Éviter d’attendre d’être en crise pour envisager un hébergement.

Pour les proches aidants d’une personne souffrant de TNC, le premier hébergement est souvent le plus difficile : la personne malade ne souhaite pas quitter sa maison. Elle y rattache de nombreux souvenirs. Elle ne souhaite pas perdre son indépendance. La demeure familiale est également un lieu connu et les personnes souffrant de TNC ont un grand besoin de repères stables. Pour cette raison, les familles attendent souvent de n’avoir plus d’autre choix et entament les démarches pour trouver une résidence dans un contexte de crise. Par exemple, les personnes malades sont ramenées par des policiers à la maison suite à un accident de voiture. Elles conduisaient alors que leur permis avait été suspendu. Quelquefois, une chute entraine une période d’hospitalisation et la décision est prise suite à la recommandation de l’équipe multidisciplinaire de l’hôpital.

Les conséquences d’un hébergement en situation de crise.

Souvent, cette stratégie diminue, à court terme, la culpabilité ressentie face à cette décision. Néanmoins, elle ne fait que remettre le problème à plus tard. En fait, les aidants naturels attendre souvent une crise pour intervenir: une hospitalisation, par exemple. Le séjour à l’hôpital engendre toutefois très souvent un état de délirium chez les personnes souffrant d’un TNC. Cet état favorise un déclin des déficits cognitifs. Ajouté à cela, les proches aidants se sentent sous pression: ils se mettent ainsi à risque de vivre ou d’accentuer des symptômes d’épuisement.

Aussi, retarder l’homologation d’un mandat de protection n’est pas toujours pertinent. Cette démarche faite en situation d’urgence engendre un grand stress. Il faut se préparer à l’avance pour compléter ce processus juridique et compter environ 6 mois pour conclure cette démarche. Elle va souvent de paire avec un hébergement et la vente de la maison. Tout arrive donc en même temps et c’est énergivore.

Quels sont les signes qui démontrent qu’il est temps d’envisager un hébergement ?

La question de l’hébergement se pose souvent plus rapidement pour les personnes vivant seules. Souvent, les personnes sont plus vulnérables, car elles souffrent d’un TNC. D’autres facteurs de risques sont à considérer. Par exemple, si elle vivent de l’incontinence. Ou encore, si elles ont besoin d’encadrement pour s’alimenter. Par exemple, les familles observent que la personne vit une perte de poids. D’autres facteurs rendent pondérant l’hébergement d’une personne. Notamment, lorsque les personnes atteintes d’un TNC ont besoin d’une surveillance continue: elles se mettent en danger en sortant à l’extérieur ou en conduisant leur voiture. Vous remarquerez qu’elles sont à risque d’abus, car elles répondent aux étrangers qui sonnent à leur porte. Enfin, elles sont plus vulnérables quand elles s’opposent à l’aide offerte par les proches aidants, ce qui affaiblit leur sécurité.

Hébergement : la règle d’or !

Souvenez-vous que les services d’hébergement publics et des résidences privées sont comme de l’eau et de l’huile: rien ne se mélange.

Hébergement public ? Quand l’hébergement est inévitable.

Voici quelques informations générales concernant l’hébergement dans le secteur public. Pour avoir accès à une telle place, il faut faire une demande à l’équipe du CLSC de soins à domicile. Il y a plusieurs étapes d’évaluation et les délais sont longs entre les étapes. L’équipe de travailleurs sociaux du CLSC évalue le type d’hébergement dont la personne a besoin. Suite à cette décision, la personne concernée choisit l’hébergement de son choix parmi une liste de milieux de vie sur son territoire. Le délai moyen est de 6 mois à 2 ans. En situation de crise, lors d’une hospitalisation, la personne ne choisit pas son lieu d’hébergement final, mais offre des préférences.

En réalité, obtenir une place à partir de la maison pour un hébergement du secteur public pour personne semi-autonome est peu fréquent. Seulement les personnes les plus vulnérables et les plus démunies obtiennent une place en hébergement public. Les gens obtiennent des places en CHSLD en situation d’urgence lorsqu’une lourde perte d’autonomie rend la personne trop vulnérable dans son milieu de vie. Le réseau public offre de l’hébergement en CHSLD pour 1950 $ mensuellement ou moins. Le calcul est fait en considérant le revenu de la personne et de la composition de son patrimoine. Les familles doivent trouver une résidence privée.

Hébergement privé: la première alternative.

Concernant l’hébergement privé, les personnes doivent faire leurs propres démarches. Nul besoin de passer par le CLSC pour obtenir une place dans le réseau privé. Également, les familles peuvent solliciter un conseiller en hébergement. Environ une dizaine d’entreprises privées offrent ce service dans la région. Vous pouvez avoir recours à ce service gratuitement. La prime de référencement est versée par la résidence suite à la signature du bail. Ce service est très intéressant. Son aide permet d’obtenir des conseils d’une personne expérimentée. Le conseiller vous fera remarquer les choses incontournables  à vérifier avant d’arrêter votre choix. Il connaît les services des résidences. Idéalement, vous pouvez choisir des conseillers indépendants des grandes firmes.

Jamais aussi bien servi que par soi-même.

L’aide d’un conseiller est fort pertinente! Ses conseils seront un bon complément à vos propres recherches que vous ferez en parallèle.  En effet, il demeure judicieux de garder un esprit critique face aux suggestions du conseiller. Un peu comme vous le feriez avec l’aide d’un agent de voyage ou d’un courtier immobilier. À ce sujet, vous pouvez faire votre propre recherche de résidence à l’aide du moteur de recherche Bonjour résidence. 

Vous avez besoin de conseils pour relocaliser un proche ? Contactez-moi ! J’offre aussi des services d’évaluation pour l’homologation d’un mandat de protection. Visitez mon site pour obtenir plus d’informations,  www.juliemailhot.com/services